Il vise au cœur et touche juste. L’ensemble Correspondances se saisit des cantates mystiques de Buxtehude, un tube du XVIIe siècle.

C’est une beauté mystérieuse qui surgit de ces pages consacrées aux dernières heures du Christ. Les sept cantates qu’écrit Dietrich Buxtehude sont des méditations sur la souffrance d’une force sidérante. Si elles s’intitulent Les Membres de notre Seigneur, c’est que chacune d’elles déplore une plaie du Crucifié et s’ouvre par une citation biblique qui fait référence à la partie du corps concernée. Comment faire face à tant d’intensité expressive ? Sébastien Daucé et ses musiciens tranchent en faveur d’une sobriété majestueuse d’où les éclats, parcimonieux, jaillissent avec encore plus de fulgurance. Partant des pieds du Christ pour aller à son visage, on est transporté de la terre jusqu’au ciel. C’est donc bien une musique de l’âme qui nous élève et nous fait toucher la grâce.

Direction musicale, orgue Sébastien Daucé
Ensemble Correspondances