Les métiers de l’Opéra… Régisseur d’orchestre

Bertrand Tostain est un régisseur de l’orchestre et du chœur “multitalent” !
Passé par le milieu du bâtiment et de la lutherie, le trentenaire est motard et guitariste à ses heures.
Rencontre avec un homme orchestre.

Qu’est ce qui t’a amené à la régie de l’orchestre du chœur ?
Les joies du hasard ! J’ai toujours baigné dans la musique, étudiant le solfège au Conservatoire, ainsi que la guitare, puis la musicologie à l’université de Rouen. Ma mère, qui a été petit rat de l’opéra avec Patrick Dupond à Paris, m’a aussi appris les bases de la danse. Mais pour gagner ma vie, je suis devenu plombier chauffagiste, levé à trois du matin pour œuvrer sur de gros chantiers parisiens, toujours à l’heure chez les clients pendant cinq ans. J’ai ensuite tout plaqué pour devenir luthier puis j’ai travaillé en intermittence à l’Opéra de Rouen où j’ai candidaté à la régie de l’orchestre en 2019.

Gardes-tu cette approche artisanale de ton métier ?
Oui, j’aime allier la technique et l’artistique. Lorsque je suis au bureau, sur un travail de planification, j’aime prendre cinq minutes pour monter au plateau et m’imprégner de l’ambiance, comme un artisan regarderait une pièce qu’il vient de faire de ses mains. J’aime être au contact des musiciens, proposer des solutions techniques rapidement et être actif physiquement.

Est-ce une philosophie de vie que de s’ouvrir ainsi à différentes compétences et cultiver votre curiosité ?
Je dirais plutôt un tempérament. J’aime m’intéresser à tout, sans hiérarchiser les domaines. Jouer du rock ou du blues et travailler sur un opéra est une richesse. Cela nourrit les passions. Comme la moto, qui en est une autre que je pratique depuis dix ans. Je l’utilise tout le temps, même les soirs de démontage. Il ne faut pas rétrécir nos vies.

Entretient réalisé par Vinciane Laumonier