Ben Glassberg

« Cette saison est un fête de couleurs et de musiques foisonnantes »

 

Entretien avec Ben Glassberg,
Directeur musical de l’Opéra de Rouen Normandie


Dans quel état d’esprit abordez-vous
cette nouvelle saison ?
J’ai une furieuse envie de retrouver le public qui m’a énormément manqué la saison dernière. Nous avons été très actifs avec des concerts en streaming et les enregistrements de La Clémence de Titus et des Nuits d’été, mais la musique est faite pour être vécue ensemble. La partager en concert est une nécessité absolue.

Comment l’avez-vous conçue et quelle dynamique souhaitez-vous lui insuffler ?
Cette saison est une fête de couleurs et de musiques aussi variées que foisonnantes. Elle est aussi à l’image de notre société, car si la musique classique se veut vivante et pertinente, je pense qu’elle doit refléter nos diversités. On ne peut pas jouer avec la moitié de l’humanité ! Ainsi, entendra-t-on des œuvres sublimes de compositrices et des grands solistes de toutes origines.

Vous emmenez l’Orchestre de Beethoven à Stravinsky, en passant par Mozart. Qu’avez-vous envie de partager avec le public ?
Un répertoire que j’aime ! Missa solemnis de Beethoven est l’œuvre que je préfère au monde. J’invite ardemment le public à venir la découvrir, portée, ici, par quatre solistes incroyables. Un focus Stravinsky viendra ponctuer le mois de novembre avec le pianiste virtuose Benjamin Grosvenor, un coup de cœur autant musical qu’amical, et la talentueuse Tai Murray au violon si sensible. Nous nous retrouverons aussi autour de Mozart qui m’est très cher.

Jusqu’au contemporain…
Avec la création mondiale du Cara Bali Concerto de Thierry Pécou avec Alexandre Tharaud. Je trouve stimulant d’être au cœur de la création et essentiel de tisser des liens avec le répertoire. Les rythmes de Pécou nous donneront ainsi l’occasion de réentendre la Symphonie n˚ 5 de Chostakovitch.

L’enthousiasme fait partie de votre ADN.
La musique vous aide-t-elle à cultiver cette attitude?
Tout à fait! Le silence des mois passés m’a montré avec force que la musique est ma raison d’être. L’étude solitaire des partitions ne va pas sans le plaisir du partage. Ainsi ai-je à cœur de multiplier les moments d’échange avec le public, à travers diverses rencontres. L’enthousiasme se nourrit des connexions avec l’art et avec les autres.