Présentation de la saison

« Même chose entre ce qui vit et ce qui est mort, ce qui est éveillé et ce qui dort, ce qui est jeune et ce qui est vieux ; car le changement de l’un donne l’autre, et réciproquement. » Héraclite d’Ephèse

La vie est mouvement. Les structures, les personnes changent et se métamorphosent. Cette saison 2017-2018 sera celle d’une transition. C’est la dernière que j’aurai programmée ; après huit années, je passerai la main fin septembre à Loïc Lachenal, à qui je souhaite bon succès. Je remercie tous les artistes que j’ai invités et qui vous ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Je remercie l’équipe de l’Opéra qui m’a suivi avec enthousiasme dans les projets ambitieux, et parfois audacieux, que j’ai proposés. Je vous remercie, vous publics, qui nombreux, fidèles, de plus
en plus variés dans vos origines et vos âges, avez répondu présents à la programmation.
Cette saison est celle des Métamorphoses. Une prêtresse gauloise, éprise d’un officier ennemi de son peuple, bascule vers la trahison, puis s’offre en sacrifice : c’est Norma. À l’autre bout de la saison, une magicienne amoureuse d’un prince, puis trahie par lui, se mue en monstre capable de tuer ses enfants : c’est Médée. Ces deux-là se répondent, bien sûr, dans des mythologies entrecroisées. Entretemps, un barbier facétieux usera
de tous les travestissements pour jouer l’entremetteur entre son patron et une pauvre Rosine cloîtrée par son tuteur : c’est le Barbier de Séville, qui sera joué dans une version participative. Un autre fanfaron, Fantasio, usurpera l’habit et l’identité d’un bouffon du Roi pour approcher une Princesse mélancolique. Au Sérail, l’amour que deux femmes recluses croient porter à leurs fiancés respectifs dont elles ont été éloignées va se transformer sous l’égide d’un Pacha ambigu. Enfin, la Passion selon Saint Jean de Bach, interprétée par B’Rock, connaîtra une déclinaison
contemporaine avec les interventions de Pierre Audi et Wim Delvoye.

Voilà les métamorphoses auxquelles je vous convie. Elles sont tantôt tragiques, tantôt drôles, voire mystérieuses. Elles prennent aussi la forme de concerts multiples ou de spectacles de danse. Elles se passent au Théâtre des Arts et à la Chapelle Corneille. Elles sont le reflet des changements d’humeur de chacun d’entre nous et se font l’écho d’un monde en pleine mutation.

Je vous souhaite une très belle saison et vous dis au revoir.

Frédéric Roels
Directeur artistique et général de l’Opéra de Rouen Normandie